Bibliothèque municipale de Rouyn-Noranda

Adultes

Roman québécois et canadien

Nathalie ne vit plus ici

Ronald White

 

L'histoire de Nathalie, victime de l'inceste, qui se voit flouée par tous ceux qu'elle connaît, de sa famille jusqu'au psychiatre.

Dans l'oeil du soleil

Deni Ellis Béchard

Qu'est-ce qui inspire les Icare modernes? La volonté de venir en aide aux autres, ou le besoin de se sauver eux-mêmes? Kaboul, dix ans après le 11 Septembre. Trois étrangers trouvent la mort dans un attentat à la voiture piégée: Alexandra, avocate québécoise spécialisée en droit humanitaire, Justin, idéaliste religieux enseignant dans une école locale, et Clay, ex-militaire devenu contractuel en sécurité. Les liens complexes qui les unissent se révéleront au fil de l'enquête que mène une connaissance, journaliste proche des disparus. Du Maine à La Nouvelle-Orléans en passant par le Québec et l'Afghanistan, l'ambition de trouver un coupable cède la place à un dessein plus vaste, de nouvelles silhouettes se dessinent, et le reportage peu à peu se transforme en un roman d'une violente beauté.

Le plongeur

Stéphane Larue

Nous sommes à Montréal au début de l'hiver 2002. Le narrateur n'a pas vingt ans. Il aime Lovecraft, le métal, les comic books et la science-fiction. Étudiant en graphisme, il dessine depuis toujours et veut devenir bédéiste et illustrateur. Mais depuis des mois, il évite ses amis, ment, s'endette, aspiré dans une spirale qui menace d'engouffrer sa vie entière : c'est un joueur. Il joue aux loteries vidéo et tout son argent y passe. Il se retrouve à bout de ressources, isolé, sans appartement. C'est à ce moment qu'il devient plongeur au restaurant La Trattoria, où il se liera d'amitié avec Bébert, un cuisinier expérimenté, ogre infatigable au bagou de rappeur, encore jeune mais déjà usé par l'alcool et le speed. Pendant un mois et demi, ils enchaîneront ensemble les shifts de soir et les doubles, et Bébert tiendra auprès du plongeur le rôle de mentor malgré lui et de flamboyant Virgile de la nuit. On découvre ainsi le train survolté d'un restaurant à l'approche des fêtes et sa galerie mouvante de personnages : propriétaire, chef, sous-chefs, cuisiniers, serveurs, barmaids et busboys. Si certains d'entre eux semblent plus grands que nature, tous sont dépeints au plus près des usages du métier, avec une rare justesse. C'est en leur compagnie que le plongeur tente de juguler son obsession pour les machines de vidéopoker, traversant les cercles d'une saison chaotique rythmée par les rushs, les luttes de pouvoir et les décisions néfastes.

Les yeux tristes de mon camion

Serge Bouchard

« Tu donneras vie aux barreaux de ta prison, tu t'évaderas par la fenêtre ouverte de ton imaginaire, rien ne peut t'empêcher de te recueillir devant une pierre humide, devant une clôture de broche, rien ne t'interdit de résister jusqu'au dernier coup d'oil. [.] L'humain, au temps où il avait les yeux ouverts, a toujours vu les mille facettes d'une chose, les mille sens d'un mot, les mille visages des bêtes, les mille couleurs d'une plante, ainsi que les liens mystérieux qui unissent le fer à l'étoile, le brouillard à l'arbrisseau, la montagne à la mort, la mort au corbeau et le mélèze à l'enfantement. » Connaissez-vous Massassoit, le vieux sage de la nation wampanoag, Jean-Baptiste Faribault et Jean Baptiste Eugène Laframboise, ces aventuriers canadiens-français qui ont bâti l'Ouest américain, ou l'oncle Yvan, revenu de la guerre alors que plus personne ne l'attendait, ou la tante Monique de Santa Monica ? Saviez-vous qu'une vieille Honda était douée de la parole, qu'une grande tortue sacrée vivait sur le boulevard Pie-IX, qu'un camion des années 1950 avait des yeux, et que ces yeux pouvaient parfois être tristes ? Voilà quelques-unes des merveilles que l'on découvre ici, ainsi que mille autres, grandioses ou infimes, lointaines ou familières, cachées dans le passé que nous avons oublié, chez les humbles que nous n'écoutons plus, ou bien là, tout près, dans la nature qui nous entoure comme dans la ville que nous habitons, mais que notre modernité trépidante et notre obsession de la vitesse et de l'efficacité nous empêchent de saisir. Car pour les saisir, écrit Serge Bouchard, l'humain doit avoir « les yeux ouverts », c'est-à-dire des sens, un cour, une intelligence et une mémoire capables de reconnaître la beauté secrète des choses, les joies et les souffrances quotidiennes qu'apporte à chacun, et particulièrement aux humiliés de ce monde, le simple fait de vivre, d'aimer, de vieillir. Après C'était au temps des mammouths laineux (2012), voici de nouveau une trentaine de petits essais écrits avec cet art qui est la marque unique de Serge Bouchard, le timbre même de sa voix : un art qui est à la fois celui de l'anthropologue, nourri par une attention passionnée aux visages et aux récits inépuisables des humains, et celui du poète, confiant dans les pouvoirs révélateurs de l'imagination et du langage.

La voix de mon père

Nathalie Leclerc

Il met à nouveau son pied sur la chaise et un silence se fait entendre. En guise de rappel, il entame de sa voix-violoncelle Le tour de l'île. La tête posée contre le mur de la coulisse, je le regarde, et la petite fille que je suis comprend à ce moment précis qu'il est toute ma vie, pour le reste de ma vie.

Lorsque s'éteint Félix Leclerc, en août 1988, sa fille, Nathalie, a dix-neuf ans. Un pan de son monde s'effondre, drame dont elle met longtemps à se remettre. Ce livre à cour ouvert recompose en une mosaïque de tableaux les échos de la peine qui l'a frappée et que l'écriture a en partie consolée. Ces récits, l'auteure les évoque avec une émotion vibrante et une poésie qui n'est pas sans rappeler celle du grand chantre de l'île d'Orléans. Car, bien sûr, à travers le cours de sa vie personnelle, elle brosse un autre portrait de Félix, empreint d'un amour filial intense et poignant.

Les Torrents

Julie Rivard

La Vie pour vrai

Nicole Houde

 

La Vie pour vrai nous plonge dans l'univers et le langage animistes d'une déficiente légère. C'est la voix de Céleste que nous entendons. Son grand cour et sa franchise nous émeuvent.

Céleste a 38 ans, mais elle n'est pas une femme comme les autres. Elle a gardé sa naïveté d'enfant et se laisse bercer par la beauté des arbres, des oiseaux et des chats. Elle déborde d'imagination et d'humour et s'invente des histoires fabuleuses. Elle rêve aussi de se marier avec son amoureux, une armoire à glace comme dans les romans policiers. Mais l'amour est une chose bien compliquée, pleine d'embûches. Y a-t-elle même droit ?

Céleste est un personnage attachant qui donne son amour sans compter ; elle nous apprend des choses étonnantes sur la vie, l'amour, la solidarité et l'amitié.

 

Un été à Provincetown

Caroline Vu

Ce roman choc raconte la vie tumultueuse d'une famille nord-vietnamienne ballottée par les caprices de l'Histoire et aux prises avec sa propre folie. À travers un récit teinté d'humour, on découvre les aventures rocambolesques d'un clan familial dans sa longue migration, depuis l'Indochine française jusqu'à son exil à Montréal. Saisissant portrait de quatre générations dans un univers où tous les repères s'écroulent. Le personnage pivot de ce récit romancé est le cousin Daniel, qui meurt du sida à Montréal en 1986 et dont personne ne mentionne plus le nom. Du grand-père opiomane jusqu'à ce jeune cousin homosexuel, tous vivent dans leur chair les blessures de la guerre. Avec leurs faiblesses et leurs rêves, ils se débattent pour survivre à la désintégration de leur monde ordonné, disparu dans les vents du changement.Un roman hypnotisant qui allie l'historique et l'intime.

L'Assassin avait toujours faim

Christiane St-Pierre

 

Adepte de la musique country et des danses en ligne, l'électricien anodin qu'est Donald Grant a été abusé et traumatisé dans son enfance au point de disjoncter lorsqu'il subit un stimulus particulier. Sous le coup de la colère, il commet un acte irréparable qui déclenche en lui un appétit glouton, si bien que la serveuse du Resto Chez Jos le surnomme Arnold, en référence au petit cochon de l'émission les Arpents verts. On sait qui est l'assassin dès la première page du roman, mais on se demande si et comment l'équipe de l'inspecteure Marconi arrivera à mettre la main au collet de l'auteur des meurtres sordides qui se répètent en série. Christiane St-Pierre signe un premier polar joliment ficelé, teinté d'un humour grinçant et dont les personnages attachants sont bien découpés.

 

La Femme tombée du ciel

Thomas King

En éliminant le sous-bois qui gêne le passage d'un oléoduc, la multinationale Domidion provoque un déversement mortel sur la côte de la Colombie-Britannique. Dorian Asher, le PDG, s'amuse à oublier son divorce et son mal-être par des dépenses somptuaires. Le chercheur Gabriel Quinn, responsable de la catastrophe, retourne s'enfermer près de la réserve de sa mère, désormais condamnée. Il y rencontre des survivants : Mara Reid, peintre ayant grandi sur la réserve, Nicholas Crisp, sage et coloré doyen des lieux, Sonny, jeune maître des tortues, collectionneur d'objets vomis par la marée, et le chien Soldat qui semble vouloir sauver tout ce beau monde. C'est un livre d'exception que l'on dévore d'une traite.Daphne Bramham, Vancouver Sun Dans La femme tombée du ciel, qui rappelle la légende fondatrice de la création du monde, King use habilement de la tradition orale des contes autochtones. Ses dialogues sont mémorables et, au final, son message laisse place à l'espoir : l'esprit humain survivra.Laura Eggertson, Toronto Star

Le Coeur gros

Dominique Bertrand

Arielle a onze ans, mais sent déjà son avenir se refermer sur elle, enserrer
son corps obèse qui ne correspond pas aux canons de la beauté. Élevée
dans un milieu privilégié où l'apparence fait loi, privée depuis peu du
soutien de sa grand-mère, sa seule véritable alliée, elle se gave de
nourriture pour combler le vide de plus en plus grand qui l'envahit. Dans
sa bouche, les phrases chipées aux adultes qui oublient trop souvent sa
présence prennent un tour grinçant ; les morales à l'eau de rose des films
dont elle se régalait avec mamie tournent au vinaigre. Que reste-t-il à
espérer, quand on a comme elle le coeur gros ?

La profondeur du lac

Patrick Pelletier

Les Choses immuables

Éléonore Létourneau

Hélène et Louis. Virginie et Mathieu. Pour ces deux couples d'amis au seuil de la quarantaine, il s'agit d'une année charnière. Enjeux professionnels, mort d'un proche, spectre d'une séparation : des bouleversements les forcent tour à tour à reconsidérer leurs choix des quinze dernières années. Quatre personnages complexes et attachants qui, envers et contre une époque où tout paraît jetable, estampillé d'une date de péremption, se demandent s'il ne vaut pas mieux choisir la durée.

 

 

Chez l'arabe

Mireille Silcoff

Inspiré d'événements réels vécus par l'auteur, Chez l'Arabe s'ouvre sur le portrait inoubliable d'une femme qui mène une vie parfaite dans sa maison en briques avec persiennes noires et géraniums rouges aux fenêtres. Bientôt, elle fait face à l'impossible - une maladie terrible, un mari qui cherche ses boutons de manchette pour sortir le samedi soir, l'intendance des liens délicats qui l'unissent à sa mère. Elle cherche d'abord à survivre, puis elle prend le temps de se demander : « Et maintenant, où en suis-je ? » Suivent une série d'histoires interconnectées racontant les épreuves traversées par ceux et celles qui souffrent, prisonniers de leur mal, mais aussi de leur confort, de leur maison, de leur mariage. À ces récits de nature autobiographique viennent se greffer quelques autres, racontant des vies fictives, mais marquées par des faits criants de vérité. Les êtres qu'on y rencontre sont bousculés dans leur routine par de vieux souvenirs, aussi bien que par des apparitions soudaines ou des nouvelles inattendues. Les histoires de Mireille Silcoff respirent l'authenticité et la complexité de l'existence ordinaire. Débordantes d'observations caustiques et d'intelligence universelle, elles nous touchent là où ça fait mal, là où ça fait du bien, et explorent sans ménagement ce qu'on appelle, dans tous les milieux, la condition humaine.

Le projet Éternité

François Beauchemin

Dans un avenir situé à quelques siècles de distance de notre époque, les êtres humains ne meurent plus. Mis au service d'un monde enfin pacifié, juste et heureux, les progress toujours plus fulgurants de la science assurent désormais à tous non seulement une quasi-immortalité, mais aussi une existence à l'abri de la vieilesse, de la maladie et Presque de tout inconfort moral.

Des circonstances inédites empêchent toutefois le jeune Sinclair Haverstock de tirer profit des diverses manipulations géniques, neuronales et tissulaires dotn déroule cette humanité nouvelle. En compagnie de sa camarade d'études Nora Mesmeyer et de la psychologue multicentenaire Marie Pasternak, il sera parmi les premiers témoins de l'éffondrement du vieux rêve de jeunesse et d'éternité que se sont accordés les societies de ce futur en apparence triumphant.

Station Eleven

Emily St John Mandel

Le premier jour : Éclosion de la grippe géorgienne. On estime qu'elle pourrait contaminer 99% de la population. Deux semaines plus tard : La civilisation s'est effondrée. Vingt ans après : Une troupe présente des concerts et des pièces de théâtre aux communautés regroupées dans des campements de fortune. La vie semble de nouveau possible. Mais l'obscurantisme guette, menaçant les rêves et les espérances des survivants. Roman phénomène publié dans une vingtaine de pays, Station Eleven illustre brillamment que l'art, l'amitié, la résilience et ce qui nous unit permettent de tout traverser, même une fin du monde.

Sarah et moi

Christian Tétrault

Nous allons vivre nos deux vies comme si nous n'en avions qu'une. Plus qu'une entente: une promesses sacrée, un engagement. Nous aurons une seule vie, mais une vie deux fois plus belle, plus excitante, plus enivrante. Une vie vie deux fois plus remplie.

Emma vient d'Écosse. Sarah, d'une tribu autochtone du nord de la Saskatchewan. Elles se sont rencontrées dans la pouponnière d'un hôpital de Montréal - leurs mères, jeunes adolescentes, étant contraintes de les abandonner. Travailleuse sociale de carrière, Marie-Andrée les a adoptées. Elles sont devenues des sours aimantes, aussi différentes qu'inséparables.

Un jour de leurs 15 ans, un accident bête et tragique vient bouleverser leur vie: Sarah sombre dans un profond coma. D'abord effondrée, Emma comprend que, loin d'être terminée, sa relation avec Sarah prend une tournure d'abord mystérieuse, puis intense et profonde. Leur vie ne sera plus jamais banale. Les gens et les événements, passés, présents et futurs, hors des limites de l'espace et du temps, leur ouvriront des chemins imprévus et imprévisibles.

Immobile et inconsciente dans son lit thérapeutique, Sarah, par le rêve, emmènera sa sour dans des territoires fabuleux, terrifiants, envoûtants. Les deux sours exploreront un monde qui dépasse toutes limites, mais dont les assises sont toujours les mêmes: l'amour et l'amitié.

Pistolet et talons hauts

Sylvie G

 

Charlie est une jeune travailleuse sociale audacieuse et obstinée qui s'inquiète de la disparition de Mia, une orpheline pour qui elle est à la recherche d'une famille d'accueil. La jeune femme se rend donc au poste de police afin d'obtenir de l'aide. Christopher, un jeune policier séduisant, mais arrogant et prétentieux, ne semble pas enclin à lui fournir le soutien qu'elle s'attendait à trouver. Malgré leurs premiers contacts difficiles en raison de leurs tempéraments bouillants, ils finiront par collaborer. Leurs découvertes seront surprenantes, mais pour Charlie, le plus bouleversant sera son irrésistible envie de succomber à ses désirs pour ce policier rebelle...