Bibliothèque municipale de Rouyn-Noranda

Adultes

Roman québécois et canadien

Étrangers de A à Z

Daniel Castillo Durante

« Il était Albanais et elle venait de Zambie. Leur rencontre avait eu lieu dans un bureau gris perle (le mot "perle" aurait pu être retiré afin de mieux rendre compte de leur situation précaire) de la préfecture de Paris. À la blague, ils se disaient "étrangers de A à Z". L'humour accompagna leur modeste séjour dans une chambre de bonne du xvIe arrondissement de la capitale française jusqu'au jour où un plombier polonais appelé d'urgence par leur propriétaire russe suite à un refoulement d'égout demanda l'accès aux toilettes mansardées où faisait ses ablutions matinales l'immigrée née à Lusaka. »

Daniel Castillo Durante nous propose soixante-trois microrécits sur le thème de l'étranger. Aussi solitaire soit-il, l'étranger porte en lui tous les visages de l'humain : les meilleurs et les pires. Dans un monde tiraillé entre un consumérisme de plus en plus exacerbé d'un côté et la violence de l'autre, les personnages de ce livre nous révèlent un rapport à l'autre et à soi-même qui tourne le dos aux stéréotypes et à l'exotisme en noir et blanc qui alimentent les médias de nos sociétés obsédées par la menace terroriste. Depuis l'immigrant qui cherche dans son pays d'accueil les mots de passe sans lesquels ses efforts d'intégration risquent de s'avérer inutiles, jusqu'à celui qui s'expatrie pour des motifs fiscaux, l'étranger nous apparaît dès lors comme un miroir dans lequel se révèle le côté obscur de notre propre désir.

Le petit voleur

Robert Lalonde

Novembre 1896. À la gare de Melikhovo, Anton Tchékhov prend le train. Il se dirige vers l'ouest. Il traverse la Russie, la Pologne, l'Allemagne. Il s'arrête d'abord à Paris, puis à Nice, où le climat de la Côte d'Azur saura peut-être apaiser l'incendie qui brûle ses poumons.

Au même moment, le petit Iégor quitte la steppe où il a grandi pour aller retrouver le maître, à Melikhovo. Celui-ci a répondu à la lettre qu'il lui avait écrite en y joignant un conte de son cru. Le maître a trouvé le conte point trop mauvais et a prodigué quelques conseils à l'apprenti-écrivain, assortis d'une réflexion sur la solitude de celui qui consacre sa vie à l'écriture. Le gamin y a vu une invitation à venir vivre à ses côtés.

Après un voyage plein de surprises, au nombre desquelles il faut compter l'amour, Iégor arrivera sans prévenir devant la demeure que l'auteur aura déjà délaissée. 

De ce rendez-vous manqué, Robert Lalonde tire un bref roman tout empreint de la personnalité du grand écrivain russe. Il s'intéresse surtout au lien qui unit maître et disciple, tentant de discerner ce qui est transmis, reçu, donné ou volé dans une telle relation.

Après avoir fait de Marguerite Yourcenar ou de Gustave Flaubert des personnages de fiction, Robert Lalonde rend ici un bouleversant hommage à son cher Tchékhov.

L'agende de Béatrice

Sylvie Lajoie

Quand le corps cède

Madeleine Allard

Que ce soit une jeune femme qui rêve secrètement de reconquérir l'amant qu'elle pourrait ensuite rejeter ; un retraité qui pleure la mort d'une épouse qui l'avait tant exaspéré ; une famille qui tente de survivre à un déménagement forcé en se lançant une balle de baseball ; ou un couple qui ne parvient pas à se parler malgré l'amour, Quand le corps cède plonge le lecteur au coeur d'enjeux humains universels, mais abordés d'un point de vue différent qui n'est jamais celui auquel on s'attend.

Avec poésie, humour et franchise, et grâce à une écriture ciselée qui mélange habilement simplicité et recherche, Madeleine Allard imagine la vie de personnages pétris de contradictions, qui nous ressemblent tous. Elle construit savamment ses intrigues et crée une tension entre les personnages, une impression de drame sous-jacent, qui lâche et qui cède ne laissant pas le lecteur indemne.

« Étais-tu déjà parti avant que je ne m'en rende compte? On dit que c'est toujours comme ça. On croit être deux, et soudainement on se rend compte qu'on est seul. Depuis un petit moment, d'ailleurs. On ne sait pas depuis quand exactement, mais au moment où on s'en rend compte, il nous semble alors que c'est depuis toujours.
We're all alone in the world, disais-tu. Jusque-là, je ne t'avais pas cru. »

L'ours

Claire Cameron

Un ours attaque, en pleine nuit, une famille qui campe dans un parc naturel sur une île sauvage, tuant les parents. Dès lors, les deux enfants, Anna, 5 ans, et son petit frère, Stick, sont livrés à eux-mêmes dans une nature hostile, sans provisions, sans eau, sans moyen de contacter qui que ce soit. Anna, réussira-t-elle à s'en sortir et à protéger son frère ? Inspiré d'une histoire vraie.

Dis-moi, Lily-Marlène

Michel Normandeau

Un «roman personnel» dans lequel Michel Normandeau nous propose une fabuleuse histoire qui nous fait voyager de Gatineau à Paris et de Mayence à Montréal, des années 1930 à aujourd'hui

Mourir par curiosité

Christiane Duchesne

Il l'a vu, il l'a bien vu foncer le long de la voie ferrée et bifurquer sur la gauche. Le temps d'une nanoseconde, et il était trop tard, Emmanuel s'est envolé sans avoir eu le temps de modifier sa ligne de course, il n'a jamais pu l'éviter, l'autre roulait trop vite. Un 4 x 4 contre un skateboard.

Noir vide, noir plat, une petite mort. Ou la mort. Il ne sait pas, mais son cerveau fonctionne, la preuve, il pense encore. Le silence est d'une densité dont il n'avait encore jamais pris conscience.

Ils défilent tous à son chevet, son père, sa mère. Puis repartent, tristes, désolés, dévastés. Seule Rose reste, sa tante, Rose, celle qui était pourtant si discrète, la voici qui commence à lui raconter des histoires. Elle est intarissable, et c'est chacun des ancêtres d'Emmanuel - oncles, tantes, arrière-grand-père et arrière-grands-mères - qui descend de sa branche de l'arbre familial pour revivre sur le souffle de Rose.

Christiane Duchesne nous donne ici un roman tissé de mille et une histoires, où ses talents de conteuse captiveront encore une fois ses lecteurs de tous les âges. Un hommage aux histoires, qui sont souvent la seule arme que nous puissions opposer à la mort.

Etta et Otto (et Russsell et James)

Emma Hooper

Etta, 82 ans, vit dans une ferme au fin fond du Saskatchewan et n'a jamais vu l'océan. Un matin, elle décide de prendre sa carabine, du chocolat, ses bottes pour parcourir les 3.232 kilomètres qui la séparent de la mer. Avant de partir, elle laisse un mot à Otto, son mari, sur lequel il est écrit : "Je vais essayer de ne pas oublier de revenir". Premier roman.

Massages pour bébé : procurer bien-être et apaisement à son enfant N. éd.

Christina Voormann | Govin Dandekar

Méthode adaptée des préceptes ayurvédiques proposant des massages destinés à favoriser le développement harmonieux de l'enfant en fonction de ses besoins et de son âge. L'ouvrage propose également un programme de récupération destiné aux mères. Avec des préparations d'huiles et de pommades de massage.

Mille masques

Jean-Marc Beausoleil

Tout va mal dans la vie d'Olivier. Son atelier de costume glisse vers la faillite. Son amoureuse qui ignore tout de ses problèmes d'argent, souhaite passer des vacances dans le Sud. Et voilà que son fils s'engage pour combattre en Afghanistan. Le soir, pour fuir ses soucis, Olivier revêt un des costumes de sa boutique, débouche une bouteille de scotch et, entouré de spectres de tissu, écrit un journal éventuellement destiné à son garçon. Jusqu'au jour où s'offre à lui la possibilité de livrer ses confessions en personne. à Kaboul !
Trop rare présence féminine - il y a des femmes soldats, mais ce sont justement des soldats - dans un pays où la femme dispose d'un droit minimal à l'existence, Sarah a immédiatement été adoptée par les troupes. À chacun de ses pas, un militaire la suit, un autre la précède, un essaim de soldats bourdonne autour de sa personne, essayant de deviner de nouvelles astuces pour lui plaire. Une reine abeille. Un phénomène de pure chimie, la métaphysique du désir. Sarah plane.
Elle ronronne. Elle est Cléopâtre, la déesse rock de la guerre.

Métamorphose. Exorde T.01

Erika Duflo

Depuis le décès de sa mère, rien ne va plus. Senna décide de changer de personnalité. Elle ne fréquente plus les mêmes amis, rentre tard le soir et se fait souvent renvoyer de l'école. Sa relation avec son père se dégrade. Seule tante Eva semble la comprendre et la soutenir dans ces moments difficiles. Mais tout cela n'est rien comparé aux symptômes que Senna ressent depuis quelques mois et qui vont en s'amplifiant : une marque boursouflée et douloureuse s'étale sur son dos, elle a des migraines et fait des cauchemars. Lorsqu'elle commet un énième dérapage, c'est la goutte de trop : son père l'envoie dans un pensionnat en Alaska. Dans sa nouvelle école, elle rencontre un garçon aussi mystérieux qu'effrayant, Ian. Elle apprend à ses côtés que certaines créatures dites « imaginaires » existent réellement. Selon Ian, les symptômes de Senna sont la preuve irréfutable qu'elle n'est pas humaine et subit une métamorphose. Ils cherchent donc tous les deux à découvrir les véritables origines de la jeune fille.

Les Hautes montagnes du Portugal

Yann Martel

Découpé en trois récits, Les Hautes Montagnes du Portugal entraîne le lecteur dans un fascinant voyage. D'abord en 1904 alors qu'un jeune homme, Tomás, découvre au Musée national d'art ancien de Lisbonne un journal datant du xvii e siècle. À l'intérieur, le père Ulisses Manuel Rosario Pinto décrit un artefact insolite, extraordinaire et saisissant qui pourrait bouleverser la chrétienté. Tomás décide dès lors de partir en automobile, à ses risques et périls dans les Hautes Montagnes du Portugal, à la recherche de l'objet convoité.

Trente-cinq ans plus tard, un pathologiste portugais, Eusebio Lozora, un fervent admirateur d'Agatha Christie, se trouve confronté à une demande d'autopsie aussi mystérieuse que troublante, en lien avec la quête de Tomás. Enfin, cinquante ans plus tard, le sénateur canadien Peter Tovy, en deuil de son épouse bien-aimée, décide de sauver un chimpanzé d'un institut de recherche d'Oklahoma City pour l'emmener vivre avec lui dans son village ancestral au nord du Portugal, Tuizelo, là où les trois récits vont finalement converger.

Le coeur bleu

Aline Apostolska

Dans ce roman écrit avec l'intense intimité du «je», Juliette, l'héroïne, dit tout: l'amour vrai et absolu, inattendu et inespéré, avec Romeo, un jeune musicien d'une île bleue des Caraïbes. C'est le récit d'une relation qui triomphe de la mort qui guette, de l'état de manque, de la solitude, de la distance, et de toutes les différences qui pourraient empêcher l'amour, mais qui finalement le nourrissent. Avec lucidité, finesse et fougue, l'auteur mène une réflexion intransigeante sur le sens de la vie, les contradictions du coeur et la capacité de la littérature à dire le corps.

Pour l'amour de Marie

Lise Bergeron

Nous sommes à Québec en 1932... Pendant que la Crise économique fait des ravages, semant chômage et misère sur son chemin, le quartier Saint-Sauveur est endormi lorsqu'un terrible incendie se déclare dans la maison de Louis et de Florence. Seules la petite Marie et sa mère réussissent à s'extirper des flammes, alors que Louis et son fils Pierre périssent... Florence, qui a grandi dans un orphelinat à la suite du décès de sa mère, est recueillie par sa belle-famille. Mais la reine du foyer, Alexina, est dévastée par la mort de son fils. Elle n'a jamais aimé que lui et déteste d'autant plus l'intrigante qui a volé son coeur, maintenant qu'elle doit lui faire une maigre place sous son toit. Or, la santé mentale de Florence chancelle depuis le drame et elle est placée temporairement dans le trop célèbre hôpital Saint-Michel-Archange. C'est pendant son séjour qu'Alexina, par l'entremise de Jules, son mari soumis, décide qu'ils devront se débarrasser de Marie... De son côté, le commerçant Victorin Dufour est amoureux de Florence depuis le premier regard qu'il a, jadis, posé sur elle. Puisqu'elle était mariée avec son commis, le vieux garçon a toujours gardé ses sentiments secrets. Mais la mort tragique de Louis change tout... Lorsqu'il apprend avec stupeur que Florence se retrouve à l'asile, il décide de tout faire pour lui redonner le goût de vivre. Avec respect, douceur et tendresse, il perce peu à peu la coquille de la femme de ses rêves, jusqu'à ce que ses efforts lui permettent de redevenir elle-même et de quitter pour de bon ces sinistres lieux. Mais une nouvelle atroce concernant sa fille Marie la frappe alors de plein fouet...

Voir le monde avec un chapeau

Carl Bergeron

Un écrivain peut adopter la fiction, l'essai ou l'autobiographie, cela le concerne ; tant que la forme et le fond s'accordent et que le monde est abordé depuis la singularité d'un style, on reste dans le domaine de l'art, c'est-à-dire de la représentation. 

Le « journal » qu'on lira dans ce livre n'est pas un vrai journal : il est le moyen dont l'écrivain a usé, parmi de nombreux autres, pour exprimer le plus fidèlement possible une vérité qui autrement serait restée tue. Chaque entrée de ce journal, chaque paragraphe, chaque ligne, chacun de ses nombreux retours dans le temps et chacune de ses digressions ont été soupesés, médités, pensés comme les morceaux d'un ensemble organique. 

Le texte doit donc être lu comme une oeuvre unifiée, comme une cosmogonie où les observations répondent aux sensations, les sensations aux souvenirs, les souvenirs à l'intuition poétique, l'intuition poétique aux sentiments. Il raconte l'expérience d'une métamorphose, au cours d'une année décisive où toutes les années vécues auraient pour ainsi dire resurgi. Mémoire blessée découlant tantôt du passé national, tantôt du passé intime, qui place l'héritier seul face à son destin.

L'auteur, ici, parle sérieusement : il met sa vie et son nom en jeu, et le fait à visière levée. À quelle noblesse outragée puise ce duel féroce entre l'individu et la communauté, entre l'aspiration à la beauté et la fatalité de l'Histoire, il faudra attendre jusqu'à la toute dernière ligne pour vraiment le comprendre, et en juger.

La dérive du passé

Donald Bilodeau

Pierre-Yves et Luc forment un couple à la fois simple et conventionnel, un peu hors-normes, notamment à cause de la longévité de leur relation. Ils se préparent en effet à célébrer, lors d'un voyage à Paris, trente ans de vie commune. Trente années de bonheur... et de long fleuve tranquille. Un jour, sans crier gare, survient un événement intense et troublant qui va changer leur vie et profondément ébranler leurs convictions. Le dévoilement inattendu d'un secret issu du passé vient provoquer de lourds questionnements. Le défi qui va s'ensuivre en est un de taille. L'entourage du couple est aussi impliqué, plus particulièrement l'indépendante et rebelle Véronique qui est une amie de longue date. Bouleversés par le destin, les deux amoureux verront la confiance et la fidélité mises à rude épreuve. Néanmoins, Pierre-Yves, Luc et leurs amis tenteront tous, à leur façon, de préserver l'espoir et la foi en l'avenir dans ce récit empreint d'amour et d'amitié.

La femme à travers les générations

Dolorès Leduc

 

Basé sur des faits historiques, ce roman relate l'existence de trois femmes à travers trois époques distinctes. À la fin du XIXe siècle naît Éloïse, l'aînée d'une famille de douze enfants. Un village, une histoire, un quotidien. Cette histoire s'échelonne sur trois générations de femmes, en commençant par la détermination de la grand-mère Éloïse, en passant par les exploits de sa fille Gabrielle, jusqu'à la complicité qu'elle tisse avec sa petite-fille Florence. L'action évolue à travers l'éducation, l'enseignement, les familles tricotées serrées et les moeurs de chacune de ces périodes. Les joies, les peines et les amours de ces héroïnes se déroulent sans contredit dans l'adversité. En revanche, la vie de l'époque, qui n'est pas toujours facile, nous amène à réaliser les conflits que vivent ces femmes dans des similarités générationnelles. Avec de la passion et de la détermination, les trois femmes d'honneur, Éloïse, Gabrielle et Florence nous font vivre leur résilience face à des luttes et des situations qui ne sont pas toujours dans le respect de l'individu, toujours dans le but de subsister.